Revue BD : Pandora chez Casterman

Nous avons connu il y a  quelques années un revival des revues de (pré)publication de bande dessinée avec dans le même temps des projets divers et variés tels que La revue dessinée, Mon Lapin, Franky & Nicole, Aaarg ! ou bien encore Papier chez Delcourt. Ces revues traditionnelles ont été accompagnées à peu près dans le même temps par des projets numériques tels que Professeur Cyclope et Mauvais Esprit. Autant de preuves à l’époque que la publication épisodique de série à suivre et celle de récits courts suscitaient encore de l’intérêt. Le point commun de ces différents projets était de provoquer une effervescence créative autour de lignes éditoriales bien définies et différentes pour chacun d’eux.

Après quelques années de recul, on peut faire un certain nombre de constat. Le plus évident est la difficulté, pour les acteurs numériques de trouver un modèle économique fiable pour s’implanter durablement. Ensuite, on peut constater un intérêt certain pour la BD du réel et de reportage qui se prête très bien à ce type de publication. En témoigne le succès de la revue dessinée qui annonce TOPO pour septembre prochain et la parution en janvier de la revue Groom, dans le sillage du magazine Siprou (je parlais de ces 2 projets par ici). Enfin, si la revue Papier des éditons Delcourt s’est arrêtées après 6 numéros d’une grande richesse éditoriale, on peut tout de même constater que les autres projets, qui semblent moins fédérateurs que les revues de reportage, sont parvenus à tenir sur la durée en adaptant parfois leur formule.

Il est aussi nécessaire de souligner que la plupart de ces projets sont à l’initiative et ont été porté par les auteurs eux-même et ont été en grande partie rendu possible grâce aux financement participatif. On a donc un bouillonnement éditorial et créatif qui appartient aux auteurs et à leurs lecteurs.

Après ces constatations, on semble assister aujourd’hui à une seconde phase de ce renouveau qui confirme l’intérêt pour ce format d’édition. J’ai déjà cité l’arrivée de Groom et celle prochaine de Topo, et au même moment, la revue Aaarg ! rentre dans une seconde phase de son existence en changeant de formule. Après une nouvelle campagne Ulule dont le succès pourrait être qualifié  d’insolent, la revue devient mensuelle avec un format kiosque à 4€90 et une version librairie à 9€90. Le contenu éditorial et l’esprit de la revue restant inchangés.

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Mais ce n’est pas tout, car en avril 2016, il faudra compter sur un nouveau venu et pas des moindres, annoncé par les éditions Casterman. Il s’agit de la revue Pandora qui prendra la place laissée vacante chez l’éditeur il y a près de 20 ans par la célèbre revue (A suivre). Néanmoins, l’éditeur annonce que Pandora (en référence au personnage de Corto Maltese) ne remplace pas (A suivre) car elle a une ambition bien différente : celle de remettre à l’honneur les récits courts de fiction en bande dessinée en proposant un nouveau champ d’expression totalement libre. Avec des auteurs de tous horizons, confirmés ou jeunes talents tels que Denis Bajram, Blutch, Florence Dupré la Tour, Jean Harambat, Lorenzo Mattotti, Killofer, Jean-Christophe Menu, Art Spiegelman, Terreur Graphique, Ville Ranta et même Katsuhiro Otomo, les éditions Casterman affirment une nouvelle fois leur politique éditoriale d’auteur et nous promettent une incroyable concentration de talents pour découvrir la richesse du 9ème art dans toutes ses largeurs.

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