Ma sélection de février 2017

  • I hate fairyland 1, Scott Young, Urban Comics

Après avoir adapté avec délice la saga du Magicien d’Oz en comics, Skottie Young se défoule avec « I hate fairyland » un conte merveilleux iconoclaste et jubilatoire dans lequel la jeune et gentille héroïne, telle une Alice aigrie et désabusée, défouraille à tout va. Le style incomparable de l’auteur et la mise en couleur acidulée, en décalage avec le ton de l’histoire, achèvent le tableau avec brio.

  • Fossiles de rêves,  Satoshi Kondho, Pika Graphics

Pika édite un épais recueil d’histoires courtes écrites et dessinées par l’excellent Satoshi Kon, un auteur davantage connu pour son travail dans l’animation que pour ses mangas. Avec ses thématiques variées c’est un très bon livre pour découvrir cet auteur disparu trop tôt et qui fût en son temps assistant du grand Katsuhiro Otomo. De cette influence restent la combinaison d’un découpage très posé et d’un dessin très précis qui confère aux planches une grande lisibilité.

  • Tokyo Kaido 1/3, Minetaro Mochizuki, Le Lezard Noir

Après Chiisakobe, le Lézard noir édite la précédente série de Minetaro Mochizuki : Tokyo Kaido. Cette série terminée en 3 volumes dresse le portrait de 4 jeunes gens ayant chacun une affection psychologique rare qui sont pensionnaires d’un établissement très spécialisé. Même si l’on ne voit pas très bien ou veut nous emmener l’auteur, on est complètement charmé par ces personnages très attachants et très émus par leurs difficultés à vivre au quotidien. Le dessin très précis et tout en détail rajoute une sensation de proximité troublante avec eux qui ménage des effets poignants sur le lecteur, d’autant que l’histoire n’épargne pas nos sentiments.

  • Batman & les Tortues Ninja, J. Tynion IV & F. E. Williams II, Urban Comics

Batman faisant équipe avec les Tortues Ninja, c’est comme un vieux rêve qui se concrétise. D’autant que Gotham City et ses ambiances gothiques est un théâtre qui sied parfaitement à l’univers des tortues. Le scénario est un classique de ce genre de crossover mais le scénariste maîtrise parfaitement sont sujet en faisant la part belle au 2 univers et le dessin qui dresse des ambiances plutôt sombres est très bon. Les fans seront ravis !

  • Dark Museum 1 : American Gothic, Alcante/Gihef/Perger, Delcourt

La collection Dark Museum propose de raconter l’histoire cachée derrière une oeuvre très connue. C’est le tableau American Gothic de Grant Wood qui inaugure la série. Replaçant l’oeuvre dans son contexte historique, les auteurs nous racontent l’histoire de ces 2 personnages pendant la grande dépression. Une histoire qui sombre rapidement dans l’horreur. Au delà du concept très intéressant, ce premier album est porté par le talent de son dessinateur Stéphane Perger qui, grâce à une mise en scène, parvient à créer chez le lecteur un profond malaise ainsi qu’un trouble persistant.

  • Riku Do : la rage aux poings 1, Toshimitsu Matsubara, Kaze

Riku Do : la rage aux poings ! Et c’est bien la rage qui respire du premier tome de ce nouveau seinen. Car en effet, il ne s’agit pas là d’un nouveau shonen sportif mais bien d’un seinen plein de noirceur et de cruauté comme peut parfois en donner la vie. Ici la boxe est comme un exutoire au héros qui ne cherche qu’une chose : devenir plus fort que la vie !

  • Momo 1, Garnier & Hotin, Casterman

Avec Momo, Casterman entend bien conquérir une large tranche de lecteur et force est de constater que tout est là pour qu’ils y parviennent. Les jeunes lecteur se délecteront des frasques de Momo, une petite fille qui vit avec sa grand mère pendant que son père est en mer et des ses camarades en culotte courte. Les plus âgés seront séduis par les ambiances palpables qui feront resurgir des souvenirs et des sensations évanouies depuis l’enfance. Un très beau et très juste portrait de l’enfance sans aucune triche avec toutes ses joies et ses peines.

  • Les cent nuits de Héro, Isabel Greenberg, Casterman

En reprenant le même schéma que dans « L’encyclopédie des débuts de la terre » qui en est un peu la génèse, Isabel Greenberg revient avec un album dans lequel le conte, toujours au centre du récit, chante cette fois-ci la place de la femme et son rôle, plein de force et de douceur, dans un monde souvent régit par l’homme cupide et pétri d’une bêtise tenace. Et qu’elles soient amantes, sœurs ou juste amies de cœur, ces femmes savent bien se jouer de leur présence. Un roman graphique plein de richesse.

  • La cantine de minuit 1, Abe Yarô, Le Lézard noir

La cantine de minuit est un subtil mélange de plaisirs culinaires et de tranches de vie d’un Japon nocturne et vivant. La recette fonctionne et le tout est à picorer sans modération tant la distribution des personnages, riche et variée, laisse entrevoir un Japon pittoresque et presque insoupçonné pour la plupart des occidentaux que nous sommes. Les plus gourmand pourront se resservir grâce à l’adaptation du manga en série TV diffusée sur Netflix et qui vous laissera en bouche un nouveau bouquet de parfums.