Lectures – ma sélection de janvier 2018

  • Essence, Fred Bernard & Benjamin Flao, Futuropolis

Voici ma première lecture de l’année. Je vous disais tout le bien que j’en ai pensé dans le post suivant : La rentrée Futuropolis

  • Mondo Reverso, Bertail & Le Gouëfflec, Fluide Glacial

Il y avait beaucoup de western à lire en ce mois de janvier et c’est finalement Mondo Reverso qui retient mon attention. En effet, malgré une reprise de tous les codes inhérents au genre, celui-ci se démarque par le choix fait par les auteurs d’inverser les rôles hommes/femmes. Une idée simple mais redoutablement efficace dans un genre viril par définition. Une BD qui prend le parti de l’humour et du décalage mais qui questionne néanmoins des faits de sociétés actuels.

  • L’homme gribouillé, Lehman & Peeters, Delcourt

Voici un titre que j’attendais particulièrement ce mois-ci et qui ne m’a pas déçu. L’homme gribouillé est un thriller aux accents fantastiques qui implique 3 générations de femmes pour lesquelles un passé mystérieux resurgit soudainement. Serge Lehmann possède toutes les références qui donnent son épaisseur au récit et Frederik Peeters a quant à lui le sens de la narration parfait pour accompagner le lecteur pendant plus de 300 pages sans aucunes longueurs et avec une rare fluidité de lecture. Ces 2 là font vraiment la paire.

  • Docteur Radar : terreur en Italie, Simsolo & Bezian, Glénat

Il y a 4 ans exactement, le diabolique Docteur Radar s’évanouissait dans la nature, démasqué par le vaillant Ferdinand Straub qui jurait alors qu’il ne connaîtrait plus de repos tant que Radar courrait. En ce début d’année, Radar refait surface en Italie et Straub ne s’y trompe pas. Cette série hommage au grands romans-feuilletons de la littérature populaire est un véritable régal. L’action y est débridée et le trait nerveux mais précis de Bézian renforce cette sensation. La mise en couleur en aplats monochromes vifs séquence le récit et lui confère un caractère expressionniste qui termine de l’ancrer dans son époque.

  • Royal City 1, Jeff Lemire, Urban Comics

On adore le Jeff Lemire scénariste mainstream qui tire souvent les séries super-héroïques vers le haut. Mais le Jeff Lemire scénariste / dessinateur, dans une veine beaucoup plus intimiste est encore meilleur. Il le prouve à nouveau avec la série Royal City dans laquelle il tente de retranscrire avec beaucoup de justesse et d’intelligence l’impact persistant de la perte d’un proche sur les membres d’une famille. Et l’on s’apercevra que la douleur n’est jamais enfouie bien loin même des années plus tard.

  • Kill or be killed 1, Brubaker & Phillips, Delcourt

C’est un nouveau sans faute pour Brubaker & Phillips avec Kill or be killed. Il n’est plus nécessaire de louer le talent de ces 2 là si ce n’est de rajouter que plus le temps passe, plus leur collaboration est talentueuse. Dans ce thriller faustien, on suit un héros contraint chaque mois de tuer un sale type pour payer son tribut au démon qui l’a sauvé de son suicide. Avec tout ce que cela implique de torture psychologique quand on n’a rien d’un assassin !

  • Cinq branche de coton noir, Sente & Cuzor, Dupuis

Ce roman graphique revient sur la fondation des Etats-Unis d’Amérique en y impliquant habilement les populations afro-américaines. Un album brillant sur lequel je reviendrais plus en détail dans un prochain post. En attendant, allez-y les yeux fermés !

  • Du sang sur les mains – De l’art subtil des crimes étranges, Matt Kindt, Monsieur Toussaint Louverture

Matt Kindt, scénariste vedette des comics sous licence Valiant est de retour avec un récit personnel dont il est aussi le dessinateur. Et comme son comparse Jeff Lemire, quand il s’assied à sa table à dessin, ce n’est pas au même lectorat qu’il s’adresse. Du sang sur les mains est un roman graphique qui flirt avec le polar noir mais sans oublier une bonne dose de décalage, tant thématique que narratif. Le dessin est lui aussi dans une veine plus personnelle mais il séduira les lecteurs sensibles dés la couverture. Le tout donne un résultat ambitieux et captivant à la fois qui devrait faire parler de lui encore longtemps dans les mois qui viennent.

  • Happiness 1, Shuzo Oshimi, Pika

La nouvelle série de Shuzo Oshimi est placée sous le signe des vampires. Ce premier tome n’est qu’une introduction mais tous les éléments chers à l’auteur sont déjà bien en place : mal-être des corps et des esprits, choix cornélien…  On attend vivement le tome 2 pour entrer pleinement dans le développement de l’intrigue.

  • Le vendangeur de Paname, Bagères & François, Delcourt

Voici une fantaisie policière aussi séduisante qu’inattendue qui nous est proposée par les éditions Delcourt. Dans un Paris qui n’existe plus que sur les cartes postales, l’Ecluse et Bloseille, deux inspecteur du « 36 », enquêtent sur un meurtre commis dans les chais de Bercy. L’écriture expressive qui fait la part belle aux bons mots, le dessin souple et élégant  et le dénouement inopiné qui nous rend définitivement les héros sympathiques font de cet album léger une très agréable lecture.