Lectures BD de la semaine – n°5

  • Chroniques New-Yorkaises, Akino Kondho, Le lézard noir

Chroniques New-Yorkaises, c’est le quotidien d’une jeune étudiante japonaise qui décide de s’installer à New-York dans le cadre d’un programme d’échange culturel avec son pays d’origine. C’est donc le regard un peu naïf d’une jeune japonaise sur une ville fantasmée que l’on retrouve au fil des courtes séquences narratives qui composent l’ouvrage. On sent bien que l’auteure essai d’y mettre de l’humour et de la légèreté, mais elle n’y parvient jamais vraiment. Du coup, on ressent rapidement un certain désintérêt pour ces chroniques du quotidien qui n’apportent rien de nouveau sur ce que l’on sait de « la grosse pomme ». Le dessin, lui aussi plutôt naïf, ne parvient pas à rehausser l’intérêt de cette parutions du Lézard noir qui nous a habitué à des titres beaucoup plus inspirés. Mon avis : sans plus !

  • Mort aux vaches, Ducoudray & Ravard, Futuropolis


Il sait tout écrire, Ducoudray. Il le prouve à nouveau dans cet album, Mort aux vaches, réalisé avec son compère de « La faute aux chinois » François Ravard. C’est d’ailleurs à nouveau dans le registre de la comédie noire qu’ils nous entraînent pour notre plus grand plaisir. On pense ici  au Canicule de Vautrin ou bien encore aux Tontons flingueurs de Lautner. Et à ce sujet, la très réussie couverture de Ravard ne nous trompe pas. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Ducoudray maîtrise ses classiques. Il livre une histoire de gangster délicieuse jouée par des personnages aux répliques dignes d’Audiard et à qui Ravard a donné de vraies gueules. Mon avis : immanquable !

  • Winter Road, Jeff Lemire, Futuropolis

Jeff Lemire est de retour chez Futuro après Jack Joseph soudeur sous marin. On s’est fait plaisir avec ses séries chez Urban (Trillium, Sweet Tooth…) mais c’est toujours un bonheur de retrouver ces récits plus réalistes et forcément beaucoup plus personnels qu’ils n’y paraissent. Cette fois-ci, c’est l’histoire d’un ex hockeyeur de talent ayant gâché sa carrière qu’il nous raconte. De retour chez lui, il va retrouver sa sœur qui est encore plus paumée. Une histoire dure aux ambiances froides très bien rendues par l’utilisation d’une bichromie noire et bleue. Quand la tension monte, des touches colorées, principalement rouges, viennent crever les planches comme un projectile qu’on se prend de plein fouet. Efficace, beau et poignant. Mon avis : immanquable !

  • Au fil de l’eau, Juan Diaz Canales, Rue de Sèvres

Voici le premier album en temps qu’auteur complet de Juan Diaz Canales, éminent scénariste de BlackSad. Il nous raconte le quotidien d’un groupe de petits vieux madrilènes qui font du recèle jusqu’au jour ou un mystérieux assassin semble s’en prendre à eux. Et dés la première planche on est bluffé par la qualité des planches du scénariste qui se révèle aussi être un excellent dessinateur. Côté scénario, c’est du très bon. Il arrive à nous surprendre en n’utilisant pas de ficelles trop connues et parvient même à donner à ce thriller une dimension philosophique très intéressante. Mon avis : immanquable !

  • Nuit noire sur Brest, Cuvillier/Galic/Kris, Futuropolis

Troisième lecture Futuropolis de la semaine, et troisième réussite pour l’éditeur. Celui-ci est de facture beaucoup plus classique et est susceptible de plaire à un large public. Un dessin de très bonne qualité, à mettre en filiation avec celui de Gibrat, et un scénario historique qui se rapproche du documentaire. Il faut dire que Kris s’est fait une spécialité de ce genre d’écriture depuis « Un homme est mort » avec Davodeau. Les amateurs retrouveront d’ailleurs un important dossier à la fin de l’album qui raconte les intrigues entre franquistes et républicains pour mettre la main sur un sous marin espagnol bloqué en rade de Brest. Un fait divers et un engagement idéologique à la mesure de son scénariste. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • O.M.W.O.T., Benjamin Marra, Les Requins Marteaux

Retour sur une parution un peu plus ancienne avec ce titre à ne pas mettre en toutes les mains. Proposée par les Requins Marteaux, voici l’histoire d’un homme qui en a et qui sait s’en servir. Ultime recours des Etats Unis contre l’obscurantisme rampant et la terreur qui gagne insidieusement les esprits faibles, O.M.W.O.T fonce et défonce à tout va dans tous les sens du terme. C’est une caricature totalement « what the fuck » d’un pays au bord de la crise de nerf. Benjamin Marra force le trait à l’extrême pour notre plus grand plaisir avec un cynisme qui ne connait aucune mesure. Les personnages qui n’ont de cesse de commenter l’action confèrent aux événements une tournure totalement ridicule qui donne le ton général à cet ovni. Mon avis : laissez-vous tenter !