Lectures BD de la semaine – n°3

  • Forçats 1, Bedouel & Perna, Les Arènes BD

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Le retour des auteurs de la série Kersten, parue chez Glénat, se fait de bien belle manière avec Forçats chez Les Arènes BD. Cette fois-ci, ce sont les destins croisés d’Albert Londres et d’Eugène Dieudonné, qui retiennent leur intérêt et le notre. L’occasion de dresser un portrait du bagne ainsi que de rendre hommage à la déontologie journalistique de Londres. Tout est méticuleusement réalisé. Bedouel s’imprègne très bien de ambiances de chacune des ses série. C’est à nouveau le cas ici, dans cet enfer sur terre. Et on sent bien l’admiration de Perna, lui même ancien journaliste, pour le personnage d’Albert Londres. Mon avis : immanquable !

  • Head Lopper 1, Maclean & Spicer, Ankama

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Une nouvelle fois, Ankama a fait le choix de l’originalité pour cette nouvelle série comics. Head Lopper est en quelque sorte une série super-héroïque, mais d’une autre époque. On se retrouve donc dans un moyen-âge fantastique et plutôt d’influence nordique dans lequel Head Lopper, chasseur de monstre, est l’ultime espoir pour beaucoup. Et peut-être même pour les vilains. En bon divertissement, cette série regorge d’action et est servie par un dessin de style cartoony très agréable et facile à appréhender. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • Le sixième dalaï-lama, Guo Qiang & Zhao Ze, Fei

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Tout est dans le titre, voici la légende du sixième dalaï-lama. Le scénario de Guo Qiang, par ailleurs plutôt intéressant s’adresse avant tout à un jeune lectorat et m’a quelque peu laissé sur ma faim certainement par manque de profondeur. Et c’est bien dommage car le dessin de Zhao Ze est de toute beauté. Mon avis : sans plus !

  • Benjamin Blackstone 1, Casado/Perge/Riviere, Casterman

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Toutes les aventures sont en littérature !  C’est ce que va découvrir Benjamin Blackstone, jeune australien de retour en Angleterre après la disparition de ses parents. Dans ce grand manoir, il va vivre d’incroyables péripéties en suivant le fantôme de Lord Schenbock, son oncle, dans les pages des grands romans d’aventure. Cette nouvelle série tout public est très agréable. Rythmée en diable, elle nous entraîne de livres en livres et de rebondissements en rebondissements. Le concept est intéressant et plutôt bien géré. Le dessin très vivant et coloré contribue aussi à  dynamiser l’ensemble. Le lecteur est tenu en haleine d’autant que de terribles secrets semblent vouloir resurgir en ce qui concerne le passé du jeune héros. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • Andersen : les ombres d’un conteur, Nathalie Ferlut, Casterman

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Avec ce nouvel album, Nathalie Ferlut propose une biographie d’Andersen à la manière d’un des célèbres contes de l’auteur. Pour ce faire, elle se pare de sa plus belle plumes et de ses plus beaux pinceaux pour une résultat très réussi, pour peu que le personnage vous intéresse. Pour ma part, j’ai passé un très agréable moment en sa compagnie. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • Shangri-la, Mathieu Bablet, Ankama

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Le reste de l’humanité vie confinée dans une station spatiale soumise à un régime politique d’une rigueur absolue. Mais tout n’est pas aussi parfait qu’il le parait et certains commencent à hausser la voix.
Le dessin est d’une grande précision dans les détails et l’auteur s’y autorise de nombreuses références. L’histoire est ponctuée de nombreux rebondissements très bien vus pour surprendre sans cesse le lecteur. Mais au delà de ça, on sait aujourd’hui qu’outre le dessin et les clés de la narration, Bablet maîtrise aussi à la perfection le cynisme et la clairvoyance. Communautarisme, consommation à outrance, manipulation des foules…, la société décrite par l’auteur n’est qu’un reflet de la société dans laquelle nous vivons.  Pour son 3ème album, il a réalise une grande oeuvre de science-fiction qui se classe directement selon moi entre  « La guerre éternelle » et « Le transperceneige ». Mon avis : immanquable !

  • Je viens de m’échapper du ciel, Laureline Mattiussi, Casterman

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Laureline Mattiussi avait été surprenante avec « L’île au poulailler » et « La lionne », elle est brillante dans « Je viens de m’échapper du ciel ». Elle y exprime à nouveau son goût pour l’absurde et l’onirisme, mais cette fois-ci, l’intime prend le pas sur l’aventure. Son héros Poe, est un petit gangster loser et mal dans sa peau qui vit d’errances autant physiques que psychologiques.
L’utilisation du noir et blanc sied davantage à son style et donne à son dessin des petits airs d’Alack Sinner de José Muñoz. A moins que la raison ne soit à chercher dans les ambiances de l’oeuvre originale de Carlos Salem, lui-même argentin comme Muñoz. Quoi qu’il en soit, je dis bravo. Mon avis : immanquable !