Lectures BD de la semaine – n°2

  • Talc de verre, Marcello Quintanilha, çà et là

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Quintanilha avait déjà surpris avec Tungstène, un polar décalé autour d’un fait divers insignifiant prenant des proportions démesurées tout en entraînant le lecteur dans une inexorable montée en pression. Entraîné, le lecteur l’est à nouveau, sans plus pouvoir lâcher prise dans « Talc de verre », le nouveau roman graphique de l’auteur brésilien. Mais cette fois-ci, les artifices sont différents. On accompagne une femme à qui tout à réussi mais qui sombre peu à peu dans la folie pour une raison presque anodine. Pour entraîner le lecteur dans ce tourbillon, l’auteur use et abuse d’une voix-off qui martèle les pensées de l’héroïne. Un procédé narratif efficace mais qui peu réclamer quelques tentatives afin d’apprivoiser le style. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • Déconfiture 1/2, Rabaté, Futuropolis

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Pas de surprises pour ce retour aux affaires de Rabaté en tant qu’auteur complet. Avec tout le talent qu’on lui connait déjà, il parvient à traiter de la seconde guerre mondiale par une approche originale très humaine, car très proche de ses protagonistes. En s’attachant à cette débâcle il parvient à faire passer toutes les absurdités et les paradoxes du conflit par les mots de ceux qui l’ont vécu. Une sensation d’intimité et presque de tranquillité se dégage d’un sujet qui n’est rien moins que tranquille. Un album très réussi mais sans surprise de la part de l’auteur des « Petits ruisseaux ». Mon avis : laissez-vous tenter !

  • Saint Barthélémy 1, Boisserie & Stalner, Les Arènes BD

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Les Arènes BD entend développer son catalogue en direction de la grande tradition de la BD Franco-Belge. Et pour ce faire se sont Boisserie & Stalner, 2 grands spécialistes du genre, qui nous livrent ce tome 1 de Saint-Barthélemy. C’est le retour des guerres de religion en BD, thématique qui à déjà donné quelques lettres de noblesse au média avec la série « Les chemins de Malefosse ». Sans renouveler le genre (pour quelque chose de différent préférez Charly 9 de Richard Guerineau d’après Jean Teulé chez Delcourt) l’album est de bonne facture et se laisse lire avec plaisir. Mon avis : laissez-vous tenter !

  • La forêts des renards pendus, Dumontheuil, Futuropolis

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Après Brautigan et son Monstre des Hawkline, Dumontheuil nous offre une adaptation de « La forêt des renards pendus d’Arto Passilinna. Et c’est un vrai bonheur de lecture au fil des quelques 136 pages de l’album. Outre le plaisir de retrouver le dessin de l’auteur traité ici dans des tonalités sépias, c’est l’histoire de Passilinna qui nous régale avec sa ribambelle de personnages attachants qui animent une histoire dans laquelle l’absurde des situations flirt sans cesse avec une certaine réalité souvent peu reluisante. Il n’en faut pas moins pour que le talent de Dumontheuil explose. Mon avis : immanquable !

  • Rouge éclipse 1, Shiki Kawabata, Akata

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Les éditions Akata éditent ce nouveau shojo, et comme l’éditeur nous y a habitué, l’histoire, au delà de son aspect fantastique, est portée par une thématique sociale forte. Ici, il s’agit de la différence et du malaise qu’elle peut entraîner à l’adolescence. Au cours d’une nuit de lune rouge due à un phénomène astronomique rare, 2 adolescentes échangent leurs corps. Et la jolie jeune fille à qui tout souriait va devoir apprendre à vivre dans un corps disgracieux et sous les brimades et l’indifférence de ses anciens camarades. Le dessin manque quelque peu d’assurance et l’histoire, même si elle a le mérite de mettre en lumière la difficulté de s’intégrer lorsque l’on est différent, le fait peut-être de manière trop frontale et trop attendue. Mon avis : sans plus !

  • Les 3 fantômes de Tesla 1/3, Marazano & Guilhem, Le Lombard

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Autant le dire tout de suite, « Les trois fantômes de Tesla » est certainement la meilleure nouvelle série franco-belge de cette rentrée. Guilhem & Marazano nous proposent pourtant une série aux ambiances steampunk avec quelques concepts déjà vus par ailleurs, mais le tout réside dans la réalisation. Marazano s’acquitte, comme il sait si bien le faire, d’un scénario tout public mais aux ambiances sombres dans lequel il utilise très justement toutes ses références. Guilhem, à qui l’on doit la série Zarla, utilise un style réaliste très maîtrisé qui colle à merveille. Et pour ne rien gâcher, l’éditeur a apporter un soin extrême à la fabrication de l’album avec des dorures à chaud qui rehaussent la superbe couverture du dessinateur. Mon avis : immanquable !

  • Weegee : serial photographer, Max de Radigues & Wauter Mannaert, Sarbacane

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Weegee, à travers la vie du fameux photographe américain, nous entraîne au cœur des nuits fiévreuses new-yorkaises des années 30 et 40. C’est au cours de ces longues nuits que Weegee, toujours à l’affût du moindre fait divers, à pris ses plus célèbres clichés. Max de Radigues nous livre le portrait d’un personnage fascinant qui me semble porter en lui toute l’esthétique que l’on retrouve dans les bons films de gangster. Le dessin dont le style un peu grossier ne m’a pas totalement séduit, fonctionne quand même plutôt bien pour récréer les lieux, les époques et les ambiances. Mon avis : laissez-vous tenter !