Chronique – Pépalo, mini récit de Pau

Les abonnés à Spirou le savent, le mini-récit est une véritable institution pour le plus ancien journal de bande dessinée toujours en activité. Le mini-récit est une bande dessinée complète publiée en supplément du journal et que le lecteur doit relié lui même par un habile jeu de pliage. Sortis tout droit de l’imagination de Yvan Delporte, rédacteur en chef mythique de Spirou entre 1953 et 1968, le premier d’entre eux, si l’on en croit les spécialistes est paru le 2 juillet 1959.

Leur but fut souvent (et l’est encore aujourd’hui) d’introduire des séries, des auteurs, de tester des concepts et nombreux sont ceux ayant fait leurs premiers pas chez Dupuis grâce à ce prestigieux supplément.

C’est le cas de Lewis Trondheim, aujourd’hui omniprésent dans le journal (d’aucuns disent de lui qu’il serait le nouveau Raoul Cauvin) qui inaugura la dernière mouture des minis récits en mai 2008 avec une histoire intitulée Les fins du monde.

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Le dernier en date parmi ces auteurs est Pau, l’auteur de la série Atlas et Axis parue chez Ankama. Il vient de livrer, il y a quelques semaines (dans le N°3961 daté du 12/03/2014) un mini récit intitulé Pépalo.

On y suit 4 personnages fuyant un monstre qui, selon les apparences, en veut à leur peau. Ces derniers, d’origines très différentes, vont se battre pour se libérer de la menace et ainsi pouvoir vivre tranquille, quitte à y laisser leur vie. C’est une véritable parabole de la résistance contre l’occupant que nous propose l’auteur. Situé dans un monde fantasmagorique, le récit résonne malgré tout avec beaucoup de justesse et est d’une rare intensité dramatique surtout dans ce format atypique et court (32 page de 2 à 4 cases) dans lequel il se paie même le luxe d’une double page.

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Son dessin, très cartoony, y laisse apparaître des influences évidentes de Jeff Smith, auteur américain de la série Bone publiée chez Delcourt. Avec le recul, on retrouve aussi nettement ces influences dans La saga d’Atlas & Axis.

Beaucoup de talent, donc, concentré dans ce mini récit qui nous prouve que tous les formats sont bons, si l’auteur l’est aussi, pour produire de très grands récits.