Chroniques : Poussières de l’ouest

  • Sans pardon, Hermann et Yves H, Le Lombard  (one-shot)

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Hermann ne fait guère attendre ces lecteurs. Il est toujours au rendez-vous, et cela au moins 2 fois par an. Ainsi, l’année débute à peine, qu’il est là avec « Sans pardon », nouveau one-shot de la collection Signé chez Le Lombard. Il revient avec un de ses thèmes de prédilection, le western. Ici, une sombre histoire de vengeance familiale sans concession écrite sur mesure par son fils, Yves H.

Si on le retrouve ici bien plus à l’aise graphiquement que sur Station 16, son précédent travail dans la collection, scénaristiquement, il souffre selon moi des même faiblesses, à savoir Yves H. Le scénariste met en place une intrigue intéressante et animée par des héros qui en ont ! Malheureusement, le tout manque rapidement de profondeur tant le développement psychologique des personnages reste en surface, même quand il ouvre certaines pistes prometteuses mais qu’il oublie de suivre (volontairement ?) par la suite.

Pour finir, on reste un peu sur sa fin, malgré la chute bien pensée mais qui du coup arrive comme un cheveu sur la soupe, alors qu’un peu plus de finesse dans l’écriture en aurait fait un de ces albums qui marquent.

  • Buffalo Runner, Tiburce Oger, Rue de Sèvres (one-shot)

 

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Dans Buffalo Runner, un vieux cow-boy tourmenté raconte sa longue vie d’errance dans l’ouest américain. A travers lui, Oger nous livre un peu l’histoire de tous les cow-boys, leur quotidien dans ce qu’il a de moins héroïque et de plus réaliste. On est ici à des lieues du héros badass du western spaghetti. Mais cela ne l’empêche pas d’en prendre pour son grade car la vie de l’époque n’est tendre pour personne. Et c’est bien ce tableau réaliste du grand ouest qui fait l’intérêt de Buffalo Runner.

Alors pour ne pas lui nuire, à aucun moment l’auteur ne cherche à développer une intrigue. Notre héros est introduit de manière totalement détournée et désintéressée et il se met, sans réelle explication, à raconter sa vie. Toute sa vie. Le reste n’est qu’artifice permettant de revivre ce destin. Si bien qu’après le twist final qui va lui aussi dans ce sens, il ne reste plus que notre héros et le poids de ce qu’il a vécu. Le très bon dessin de Tiburce Oger pose la touche finale à ce tableau du grand ouest sauvage que l’on lit avec beaucoup de plaisir.