Chronique – Station 16, Hermann et Yves H

On pourrait les comparer à la parfaite petite entreprise familiale. D’une part le fils qui marche sur les pas de son père, profitant de l’opportunité que ce dernier a su lui créer. D’autre part le père, travailleur acharné toujours actif à 75 ans passé ayant tout construit de ses mains et dessinant encore 2 à 3 albums par an. Un modèle du genre !

Leur dernière production vient de paraître dans la collection Signé du Lombard dont Herman est l’un des piliers avec quelques uns des fleurons de la BD franco-belge tels que Caatinga et Afrika. Et c’est par le fantastique qu’il fait son retour dans la fameuse collection avec Station 16.

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Suite à un appel de détresse provenant de la station 16, située sur l’archipel de la Nouvelle Zemble dans le grand nord russe, quatre soldats son dépêchés sur place. Problème, cette ancienne base, censée avoir été une station météorologique, est désaffectée depuis plus de 50 ans, suite aux essais nucléaires menés par le gouvernement.

Le mystère est bien présent dans cette histoire. C’est d’ailleurs lui qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la fin de l’album. Comme toujours, Yves H part sur une bonne idée, mais comme souvent je trouve qu’il ne va pas au bout des choses, se contentant d’un survol pour tout mettre dans un one-shot, qui plus est d’une pagination plutôt classique. Souvent il se contente des ambiances plus que des intrigues mais ici il parvient à susciter beaucoup d’interrogations chez le lecteur qui restent malheureusement sans réponses. Et les pirouettes scénaristiques et les bonnes idées (pas totalement fraîches non plus) de l’écriture ne suffisent pas à tout rattraper.

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Que dire du dessin maintenant sinon que c’est du Hermann, aucun doute là-dessus. Mais aussi qu’il se fait de plus en plus approximatif, de plus en plus maladroit, album après album. La mise en peinture est assez grossière dans certaines séquences pour un résultat global plutôt inégal. Mais peut-on faire mieux avec un tel rythme de travail ?

Pour finir, on a un album qui se laisse lire sans déplaisir mais qui ne va pas au bout de nos attentes. Restent la frustration de finir dans l’ignorance sur beaucoup de points et la désolation de voir le dessin d’Hermann se dégrader encore un peu plus à cause de l’âge, du rythme qu’il s’impose, certainement un peu les deux.