Chronique – Skandalon, Julie Maroh

Voici un livre qui était attendu si l’on en croit ce que l’on peut lire ici ou là. Je ne crois pas que moi je l’attendais tant que ça, mais ce dont je suis sûr après lecture, c’est que son propos, lui, est tout ce qu’il y a de plus attendu. Bref, le mythe de la rock star maudite, ici Tazane, un peu de Jim Morrison, un peu de Bertrand Cantat (libre à vous d’y voir qui vous voulez selon vos affinités musicales) avec pour justification, un pseudo propos philosophique sur la bravade de l’interdit comme ligne de conduite.

 skandalon - surlabd

Et c’est tout car si le pitch ne m’emballe pas, force est de constaté que le reste m’à déçu. Pas que je m’attendais à mieux. Car il faut bien le dire, Le bleu est une couleur chaude, le précédent album de Julie Maroh, ne m’avait pas particulièrement transporté tant il contenait de maladresses, imputables à la jeunesse de l’auteure, et surtout selon moi à un cruel manque d’accompagnement éditorial. Mais ce précédent livre vivait au moins d’un vrai sujet.

Avec Skandalon en revanche, j’ai ressenti un prétexte plus qu’un vrai sujet avec toujours les mêmes maladresses de réalisation.

Maladresse dans la mise en place scénaristique tout d’abord avec une histoire qui ne fonctionne pas. Un héros trop forcé et du coup pas crédible. Impossible de l’aduler, presque autant de le haïr. Pour ma part je n’ai pu qu’en rire et je ne pense pas que ce soit l’effet recherché. Par ailleurs, j’ai la sensation qu’il est aussi faussé par le fait que l’auteur ai tenté de lui appliquer ses idées personnelles, idées qui ne collent pas avec le profil recherché pour Tazane. Du coup, il boîte un peu !

Maladresse de l’écriture ensuite avec l’utilisation d’un registre de langue trop en décalage avec les personnages ou pas suffisamment varié en fonction de chacun d’eux. En décalage aussi avec la volonté d’érudition que l’on ressent derrière les nombreuses citations et références qui ponctuent l’album. Autant de chose pas en phase avec le milieu dans lequel on évolue. En témoigne encore la postface de l’album.

Enfin maladresse au dessin avec ici et là, des erreurs de proportion, des visages approximatifs qui d’une case à l’autre tendent du réalisme au grotesque.

Reste le travail de la couleur, point fort de l’album comme il l’était déjà dans Le bleu est une couleur chaude. Une palette très réfléchie qui confère une belle harmonie à l’ensemble et qui sait créer les ambiances qui s’imposent.

Encore une fois, je n’y ai pas cru. Mais là ou c’était dommage pour Le Bleu est une couleur chaude tant le sujet était prometteur, ici pas de déception car pas de promesse qui tienne.