Chronique – Le héros, David Rubin

Le mythe d’Hercule revisité façon super-héros, ça vous dit. Alors jetez-vous sur LE HÉROS de l’auteur espagnol David Rubin, saga en 2 volumes imposants pour une somme d’environ 600 pages.

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L’auteur reprend la trame classique du mythe mais l’habille à sa manière en la transposant dans un monde aux préoccupations contemporaines dans lequel le moderne côtoie le classique. Le décalage ainsi créé est très efficace et très plaisant. De plus, il nourrit son récit de ses propres lectures et influences en matière de bande dessinée sans oublier d’y ajouter une bonne dose d’humour et de dérision, mais aussi des sentiments beaucoup plus sombres. Le tout dans un va et vient tout en subtilité.

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Vous retrouverez l’influence des comics de super-héros tout d’abord qui eux-même ont bien souvent été teinté de mythologie greco-romaine. La Dianne chasseresse de Rubin est plus proche de la Wonder-Woman qu’elle a inspiré que d’une figure mythologique classique. Et quand on pense Wonder-Woman, Superman n’est jamais loin.

Beaucoup d’influences venues du manga aussi. En particulier dans le traitement de l’action et du rythme, mais aussi dans le ton souvent décalé et incongru de certains passages. On peut penser aussi à Scott Pilgrim.

Le dessin, très souple se rapproche parfois de celui très élégant de Paul Pope, ce qui n’est pas du tout déplaisant, bien au contraire.

Pour finir, on a une version effrontément iconoclaste et résolument moderne du mythe d’Hercule, riche en références et souvent à la limite de la parodie. On se régal de ce petit bijoux.