Chronique – Deadpool Killustrated

Alors, avant de me lancer dans cette chronique, je voudrais dire que le personnage de Deadpool fait partie de ceux de l’univers marvel avec lesquels j’ai le moins d’affinités. C’est vrai que son côté rigolo vannes pourries me tape un peu sur les nerfs (dans une moindre mesure, c’est la même chose pour moi avec Spider-Man). De plus, quand je lis du comics, je cherche pas à me poiler à chaque page. Enfin ça, c’est valable dans la continuité marvel classique. C’est un peu différent pour ce qui est des récits hors continuité. Et ça tombe bien parce que c’est dans cette seconde catégorie que se situe l’histoire dont il va être question ici.

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La mini série Deadpool Killustrated parue dans Marvel Saga 20 chez Panini fait suite à une autre mini série, Deadpool kills the Marvel Universe parue elle dans Marvel Saga 18. Elles sont l’oeuvre de Cullen Bunn, scénariste plutôt en vogue en ce moment chez Marvel à qui l’on doit par exemple la série Fear Itself : the fearless puis Fearless Defenders dans l’ère Marvel Now.

A la fin de Deadpool kills the marvel universe (série dans laquelle il parvenait à tuer tous les héros marvel), Deadpool se rend compte qu’il ne maîtrise pas sa vie, ni son univers, mais que ce rôle revient à une équipe créative composée de scénaristes et dessinateurs. Pour faire cesser cette comédie, et comme il ne peut pas s’attaquer directement à ses créateurs, il décide d’anéantir tout le folklore littéraire classique car, comme chacun sait, c’est la base de toute inspiration. Donc plus d’inspiration, plus de scénariste et par extension plus de Deadpool.

L’idée à la base de cette aventure complètement décalée utilise un ressort scénaristique plutôt bien trouvé et c’est techniquement bien écrit. L’utilisation faite de l’ellipse sert très bien le côté léger de l’univers Deadpool en créant beaucoup de situations et de décalages qui prêtent à rire. Au delà de ça, le personnage est bien écrit, particulièrement le traitement de la folie du héros.

On a aussi un récit ultra-référencé au niveau des classiques et avec de nombreux clins d’œil à la culture populaire, que ce soit cinéma ou autre, sans oublier bien-sur quelques bons mots bien sentis.

En ce qui concerne la partie graphique, assurée par Matteo Lolli, elle est très convenable et je salue le travail de la mise en couleur qui contribue vraiment aux ambiances de cette histoire qui prend par moments des petits airs de La ligue des gentlemen extraordinaires.

Une histoire bien pensée, bien écrite et qui relève en quelques sortes de l’exercice de style. Vraiment à lire même si je pense qu’il faut être assez à l’aise avec l’univers marvel pour l’apprécier au mieux.

Enfin, juste un petit mot pour attirer votre attention sur les magnifiques couvertures de la série réalisées par Mike Del Mundo, un artiste que j’aimerais voir plus souvent. Vous pouvez les admirer ci-dessous.

Pour la petite info, une 3ème série conclura ce que nous appellerons alors un triptyque. Il s’agira de Deapool kills Deapool. Et la boucle sera bouclée.