Blandice & Atom : 2 nouveaux magazines

 

Tous les ans, la période du festival international de la bande dessinée d’Angoulême est propice au lancement de divers projets éditoriaux ayant trait au 9ème art. Cette année, 2 nouvelles revues très spécialisées ont profité de ce tremplin médiatique pour tenter de se faire place dans un milieu ou celle-ci sont plutôt chères : Atom et Blandice.

Tout d’abord, voici Blandice dont l’accroche est « La BD sans dessous ni dessus ». Porté par Katia Even, scénariste et dessinatrice de bande dessinée, c’est un trimestriel dont l’ambition est d’allier histoire de l’art et érotisme, autant dire un parti pris audacieux. Après lecture du n° 1, qui s’intéresse à l’art nouveau, il convient de dire qu’il répond en partie à la ligne éditoriale de la revue. Cependant on constate assez rapidement quelques maladresses et certaines limites qui sont probablement à mettre sur le compte de la jeunesse.

En effet sur la thématique artistique, le magazine se contente dans un maigre dossier de rappeler les grandes lignes du courant artistique né à la fin du XIXème siècle puis de donner rapidement la parole à certains auteurs influencés par ce mouvement. Aucun article de fond ne vient donner véritablement corps à la thématique. Côté érotisme, en revanche, Blandice tient ses promesses. On peut y lire de nombreux extraits et interview d’auteur qui viennent essentiellement du catalogue des éditions Tabou chez qui Katia Even à publié La Déesse avec Nephyla. Une maladresse qui donne plutôt à ce numéro 1 des airs de catalogue promotionnel pour l’éditeur.

Malgré tout le plaisir que procure cette lecture pleine de sensualité, ce numéro 1 ne va pas, selon moi, au bout de ses promesses  et pourrait même laisser penser que son modèle atteint déjà ses limites. A suivre au numéro 2 en espérant que l’éditeur sache renforcer sa formule et trouver une place solide car la présence d’une revue spécialisée dédiée à l’érotisme est précieuse.

De son côté, la revue « Atom : la culture manga » frappe un grand coup dès son numéro 1. Il faut dire qu’elle ne sort pas de nulle part. Dirigée par Fausto Fasulo, déjà rédacteur en chef de sa grande sœur Mad Movies, Atom se propose de revenir tous les 3 mois sur la culture manga et seulement la culture manga. Et même quand il s’agit de Satoshi Kon, c’est avant tout de son oeuvre papier dont il est question. Le sommaire de ce numéro 1 en dit long sur les hautes ambitions de la revue : des interviews (Asano, Mochizuki, Saeki…), des dossiers (Kamimura, Kon, Mizuki…) et quelques reviews bien choisies. Une ligne exigeante qui donnera à voir un autre visage du manga, au-delà des blockbusters dont il est question partout ailleurs.

Avec sa maquette d’une grande sobriété et très efficace, une grande fluidité de lecture, des illustrations pleines pages imprimées avec beaucoup de soin, on tient là un excellent support que je recommande vivement à tous les lecteurs de mangas pour aller plus loin dans leurs lectures.