BD – Calypso, Cosey, Futuropolis

Au dernier FIBD, Cosey a été élu grand prix de la ville d’Angoulême par ses pairs pour l’ensemble de son œuvre. En le faisant président de la prochaine édition du festival,ils affirmaient ainsi l’influence et l’importance qu’il a pu avoir sur leur travail et sur le 9ème art en général. Une œuvre discrète et marquante, pleine de sagesse et de lumière dans laquelle la couleur joue naturellement un rôle majeur.

C’est donc avec surprise que l’on accueille Calypso qui vient de paraître aux éditions Futuropolis et qui est intégralement réalisé en noir et blanc, et cela pour notre plus grand bonheur.

Calypso, c’est l’histoire de Gus, un ouvrier que la soixantaine a rattrapé. Il retrouve Georgette, son amour de jeunesse que le monde entier connaît désormais sous le nom de Georgia Gould pour son rôle dans le film Calypso. Pour ces deux là, les années n’ont pas effacé les souvenirs, et ils ont peut-être encore une dernière chose à accomplir ensemble.

La surprenante et très talentueuse utilisation du noir et blanc fait immanquablement penser, au premier regard, à Muñoz, grand maître argentin du noir et blanc, et notamment à son Alack Siner. Mais une fois cette surprise passée, on y retrouve les thèmes chers à l’auteur, souvent traités ici à la manière de motifs japonisants, presque calligraphiques : la neige, la montagne, la nature…

Au delà de ces motifs, on retrouve la Suisse, les rives du lac Léman et des personnages qui, en dépit des apparences, sont en quête de quiétude que la vie jusqu’ici n’est pas parvenue à leur procurer. Mais Cosey, c’est aussi une écriture, un sens bien particulier de l’ellipse et du rythme que l’on retrouve intact à la lecture de Calypso. Et c’est tout ce que l’on demande à un auteur : savoir nous surprendre tout en sachant aussi nous rassurer !

Je vous laisse avec Cosey, au micro de Twefik Hakem dans le réveil culturel du vendredi 8/12 sur France Culture.